mercredi 29 mai 2013

JUIN - livre préconisé par Marie-Pierre


La rivière et son secret de Zhu XIAO-MEI

La Rivière et son secret

Zhu Xiao-mei est née en 1949. Douée très tôt pour la musique, elle va entrer au conservatoire. Elle ne pourra pas suivre ses études à cause de la révolution culturelle qui va faire du conservatoire un lieu sans musique, sans enseignement.

Les manipulations psychologiques, les lavages de cerveau, vont l’amener en camp de rééducation pendant cinq ans. Le parcours de cette femme m’a beaucoup touchée, elle m’a passionnée quand elle nous raconte ses leçons de piano avec ses maîtres chinois et occidentaux, les liens qu’elle tisse entre ces deux cultures et la manière dont elle s’en sert dans la pratique du piano. Enfin, comment elle va chercher dans le tao, à travers la méditation, sa place d’interprète.


Cette femme dont l’expression naturelle est la musique se révèle auteur d’un grand livre.

jeudi 9 mai 2013

JUILLET - Livre préconisé par Claire

 Le rêve du village des Ding    de   Lianke YAN – édité en 2005 traduit en français en 2007



Par miracle, dans ma bibliothèque préférée, un demi rayon de livres de Lianke YAN, écrivain chinois interdit dans son pays. Je viens de lire à Vattetot ( !) Le rêve du village des Ding. Voila un livre qui m’a littéralement habitée pendant ces quelques jours sous le pâle soleil de Normandie. D’une étrange manière, puisqu’il s’agit d’un village du Henan* décimé, ravagé, par la vente du sang. Ce livre est tout à la fois, révoltant, ahurissant, poétique, drôle, philosophique, métaphysique, coloré, dynamique, vivant, triste, poignant… je ne vous en dis pas plus … il m’a bouleversée. Je vous laisse le découvrir.


Je vous ai fait lire Mo Yan, prix nobel de littérature, écrivain autorisé en Chine. J'ai senti à vous lire, que j’avais été pour le choix de ce livre, comme dirait mon prof d’aquarelle « trop cérébrale ». Mais cette fois, avec Lianke Yan, non. 
Et j'écrirai comme vous des commentaires au fur et à mesure de vos réactions.

* Le Hénan est une province du nord-est de la Chine, traversée par le fleuve Jaune. Région très fertile, c'est un des berceaux de la civilisation chinoise. Dans les années 1990, le VIH a fait rage, éliminant jusqu'à 80% de la population.


samedi 13 avril 2013

MAI  - livre préconisé par Geneviève 



Certaines n’avaient jamais vu la mer  
Certaines n’avaient jamais vu la mer 
par Julie Otsuka


Très beau livre, qui aborde une réalité peu connue : le statut des femmes japonaises au début du XXème siècle, et la solution qui leur a été donnée comme avenir. Beaucoup d’entr’elles, ont été mariées par correspondance avec des Japonais émigrés aux USA.
Dans ce texte, il y a d’abord la part de rêve et de peur.
Puis la traversée en bateau.
Puis la découverte de la réalité : le nouveau mari, le travail, les conditions de vie, le place donnée à ces gens dans la société américaine.
C’est écrit avec une écriture haletante, forte, incantatoire, dit le quatrième de couverture. Un ami m’a dit qu’on pouvait qualifier ce livre de « roman/choral » !
Oui, toutes sortes de femmes nous sont présentées, et parlent. Et malgré leurs différences, cette écriture si particulière, fait en sorte de nous faire lire dans la foulée, la réaction de femmes qui ont échoué dans des milieux différents, mais comme si le narrateur pouvait être toujours le même. Elles parlent sans que l’auteur aille à la ligne, et ponctue. Car il y a partout la tromperie et le malheur.    Un livre qui touche, qui frappe, qu’on n’oublie pas. Il a eu un prix l’année dernière, mais je ne le savais pas, je l’ai pris à la bibliothèque, tout simplement. Il n’existe pas en poche pour le moment.
L’auteur n’est pas née en Asie, mais doit faire partie de la génération qui a suivi ; il faut bien une ou deux lignées pour pouvoir parler de cette histoire, et un chemin d’écriture pour y arriver.
Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’il y en a un second, qui parle en fait de la suite de ce qu’il se passe pour ces familles emmenées dans des trains de sinistre façon, .Ce livre s’appelle : « Quand l’empereur était un dieu ». Il a du avoir la fonction dont je fais l’hypothèse. Je vous en dirai plus après l’avoir lu et je glisserai ça quand il y aura la place pour en parler, parmi les commentaires.
Celui-ci est en poche, mais ne l’ayant pas lu encore, je préconise l’autre !
                                                  13/04/2013

lundi 25 mars 2013

AVRIL - livre préconisé par Catherine





















Je vous propose de découvrir l'auteure japonaise Aki SHIMAZAKI et  sa pentalogie (5 petits romans très courts) qui s'appelle "le poids des secrets", voici les 5 titres 

Tsubaki (1) – Babel 2005 - 115 pages
Hamaguri (2) – Babel 2007 – 112 pages
Tsubame (3) – Babel 2007 – 116 pages
Wasurenagusa (4) – Babel 2008 -123 pages
Hotaru (5) – Babel 2009 - 132 pages

La particularité de cette pentalogie est qu'on peut lire les volumes dans n'importe quel ordre (à mon avis car certain-e-s pensent le contraire).
Pour qu'on échange sur les mêmes contenus je vous propose de lire le premier et le deuxième tomes. Les liens existent entre tous sans pour autant qu'il y ait "d'obligation" à tout lire, c'est une construction intéressante.

L'auteure nous parle du Japon de 1900 à nos jours à travers les destins croisés de Yukio, Yukiko, Mariko, Kenji et Tsubaki. Chaque personnage, dans sa propre perspective nous livre la même histoire, à une époque différente. Chaque livre va reprendre des secrets de famille et au fil de la lecture des 5 ouvrages les éléments vont s’imbriquer comme les pièces d’un puzzle.
C'est à la fois sobre et pudique. J'ai aimé ces récits où se mêlent tragédie et lumière. Ces personnages nous permettent de  découvrir la vie des japonais et les événements de l'histoire de ce pays : guerre, tremblement de terre, invasion de la Corée,  bombes atomiques. L'auteure vit au Canada et écrit directement en français, je trouve sa plume sensible, légère et dépouillée. J'adore les titres japonais de ces 5 livres dont on découvre le sens (et la symbolique) dans le récit, c'est déjà une manière de voyager et de se laisser transporter. Les éditions Babel ont proposé pour chaque livre une couverture superbe, j'y suis très sensible.

J'ai lu cette pentalogie avec beaucoup de plaisir et d'émotions. Vous me direz si vous résistez à la tentation d'enchaîner la lecture des 5 récits.


jeudi 21 février 2013

MARS - livre préconisé par Claire






Le maître a de plus en plus d’humour - Mo Yan – paru en 1999 et traduit en français en 2005 (Editions du seuil, collection de poche Points)

Après notre séjour en Normandie je me suis mise, comme convenu entre nous, en quête d’auteurs asiatiques. Sur les conseils d’Alberte, au cours d’une baignade mémorable à Etretat ( !) je me suis dirigée vers la littérature coréenne. Je suis tombée à la Médiathèque locale, sur « La chambre solitaire » de l'écrivaine sud-coréenne Shin Kyong-suk… très intéressant, mais pas gai du tout*. A ce moment là, nous commencions à lire « Ru » puis « Notre Héros défiguré », et certaines exprimaient la crainte de ne lire cette année que des romans noirs. Coup de chance le Nobel de littérature est accordé à Mo Yan, auteur rabelaisien dit-on, je me dis qu’il faut aller y voir de plus près. Sur les conseils d’une libraire, je me lance en achetant un petit livre au titre énigmatique « Le maître a de plus en plus d’humour ». Voila. Je l’ai lu. C’est drôle et intelligent. Je vous le propose.
Ce n’est sûrement pas l’œuvre majeure du prix nobel de littérature 2012, mais ce conte a l’intérêt je crois de nous faire voir qui est cet auteur inscrit au Parti, et en même temps critique par rapport au système politique, économique et social de son pays. De quoi s’agit-il donc ? Monsieur Ding (le maître) après 43 ans de bons et loyaux services est licencié de son usine à un mois de la retraite, en même temps que d’autres ouvriers. Chacun tente de trouver des solutions pour subvenir aux besoins de sa famille par des petits boulots de tout genre. Et lui, alors qu’il est près de sombrer dans le désespoir, avec le soutien d’un ancien collègue il retrouve sa joie de vivre grâce à une idée géniale mais peu orthodoxe pour un vieillard respectueux des traditions et des anciennes valeurs chinoises.
Reste une énigme pour moi. Je ne comprends pas bien la fin. Dites moi comment vous l’interprétez.
* on pourrait le lire plus tard… à voir !


vendredi 25 janvier 2013

FEVRIER - livre préconisé par Evelyne

Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants", de Kenzaburô Ôé.



Je vous propose de lire ensemble (car je ne l’ai pas lu) un ouvrage assez court du japonais Kenzaburô Ôé. Il l’a écrit en 1958, et le récit se passe pendant la seconde guerre mondiale. Cela n’a pas l’air gai du tout, mais j’ai choisi ce livre parce que Ôé, prix nobel de littérature en 1994, est tout sauf un auteur banal. J’avais beaucoup aimé «le jeu du siècle» paru en 1967. Mais comme je l’ai lu il y a plus de 20 ans, je ne m’en souviens pas assez pour le préconiser.


Le titre de celui-ci m’a accroché. Il y avait un autre titre qui m’avait plu : «dites-nous comment survivre à notre folie», mais mon libraire ne l’avait pas.
Peut-être que si celui-ci nous captive, on pourra continuer sur les œuvres d’Ôé. Cela peut être intéressant de poursuivre la lecture d’un même écrivain.
A suivre…

Evelyne

vendredi 4 janvier 2013

JANVIER - livre préconisé par Véronique



  "Loin de Shandigarh", de Tarun J. Tejpal




Non, non, ce n’est pas un roman à l’eau de rose même si amour et érotisme sont au rendez vous. C’est le premier roman de cet auteur, roman dense où les descriptions de l’Inde actuelle ou celle du siècle dernier vont se chevaucher tout au long de ces pages avec les vies des personnages
Depuis quinze ans, un journaliste indien et sa femme Fizz vivent une intense passion amoureuse entre Chandigarh et Delhi. Un jour, ils découvrent dans leur vieille maison, accrochée aux contreforts de l'Himalaya, des petits carnets écrits par une femme au début du siècle dernier. Soixante-quatre épais carnets reliés de cuir racontent la  vie et  les secrets d’une aventurière américaine et précédente propriétaire de la maison. La découverte de ces écrits va déclencher une profonde crise dans le couple.
L’histoire de ce couple et le récit de l’intrépide américaine vont s’entremêler tout au long du roman. Mais ce dernier brasse aussi l’histoire de l’Inde et sa confrontation avec la civilisation occidentale au siècle dernier. La narration n’est pas chronologique mais fait des allers retours entre l’histoire du couple et cette américaine, arrivée en Inde pour suivre l’homme qu’elle aime.
Bonne lecture