mardi 22 octobre 2013

NOVEMBRE - Livre préconisé par Marie-Pierre


LES BELLES ENDORMIES de Yasunari KAWABATA


"Les belles endormies" est d'abord publié en 1960 sous forme de feuilleton. C'est l'histoire d'un homme qui va se rendre, conseillé par un ami, dans une maison où il va passer la nuit auprès de jeunes filles endormies profondément, et qui ne se réveilleront pas.
Il y va d'abord par curiosité, pour lui, venir dormir auprès de jeunes filles endormies, c'est accepter l'horreur de la vieillesse, l'impossibilité de se comporter en homme avec une femme, mais cela ne le concerne pas vraiment car il n'est pas comme les autres clients de cette maison, "un client de tout repos".

Au cours des nuits passées dans cette maison il va vibrer de joie et de bonheur de redécouvrir la beauté et la jeunesse de ces filles, il va revivre des souvenirs enfouis.
 
Mais ce livre n'est pas un long fleuve tranquille, est-ce si facile d'accepter la décrépitude de la vieillesse? Non;  Eguchi a aussi des envies de révolte et de destruction, de violence et de mort.
Tout s'accélère et la fin arrive comme un couperet .

Je vous laisse découvrir ce livre magnifique.
Bonne lecture .

mardi 17 septembre 2013

OCTOBRE - Livre préconisé par Geneviève



Le Dit de TIANYI par François Cheng  
       
« Au commencement, il y a eu le cri dans la nuit ». Cette phrase est-elle de Tianyi, ou celle de Cheng 
En tous cas c’est Cheng qui a écrit ce texte appelé « roman ».

Cheng. Un poète, un peintre, un essayiste, un écrivain.

Un texte étonnant, qui m’a bouleversée à l’époque où je l’ai lu, en vacances dans le Luberon chez une de mes cousines .Il m’a d’autant plus bouleversée que je ne savais pas ce que j’allais lire, l’ayant pris dans la bibliothèque de cette grande maison, qui a un charme équivalent à celle que Claire nous a ouverte.

Je l’ai choisi en ne m’arrêtant que sur la photo du signe chinois de la couverture. J’aime la calligraphie et la peinture chinoise. J’aime ouvrir un livre et me laisser embarquer par la lecture, si c’est le cas.Et c’est ce qu’il s’est passé.

Il est possible que je trouve aujourd’hui ce livre un peu trop abstrait, et un peu manichéen, un peu long ! J’ai tous ces scrupules quand je propose un livre aux pisteurs ! 

Ce que je sais, c’est qu’il a fait renaitre chez moi un formidable élan d’énergie vitale, et qu’il a marqué d’une lumière ma mémoire. Ce trait lumineux a reparu quand a été prononcé notre thème de l’année : littérature asiatique.
J’avais noté une phrase, qui m’avait à l’époque marquée : « Pas un mouvement de notre corps qui n’avive les douleurs accumulées. Pas un mouvement, cependant, qui n’inspire un fou désir d’être à nouveau ». Je relis cette phrase avec un sourire : cela devait se passer en 89-90.J’avais effectivement besoin de ce type de phrase !

Que l’on ne se trompe pas : ce qu’écrit Cheng par la voix de Tiany n’est pas un savoir pédagogique : il n’y a qu’à repérer le nombre de phrases interrogatives qui laissent les questions ouvertes. Il vous fait cheminer et découvrir.

Ce livre ne se commente pas, il se lit comme on déchiffrerait une partition qui ferait naitre une vive émotion. Ou bien on le repose, définitivement. Il demande que l’on prenne un peu de temps pour en lire plusieurs pages afin de se laisser prendre par la poésie de l’écriture.

Vous allez rencontrer Tianyi, Haolang, et Yumei. Deux hommes, une femme.

Tianyi est parti en France en 48, il revient en Chine en 57.Il y a trois parties à ce livre : la période durant laquelle Tianyi grandit en Chine, la période où il est en France, la période qui suit son retour .J’ai eu du mal avec cette dernière, qui est plus envahie par l’histoire difficile de la Chine, mais où Tianyi, lui reste vivant.

Au printemps 62, parti en Sibérie chinoise, il arrive à écrire : « Le printemps de 1962 est pareil sur cette terre de Sibérie chinoise, où la nature, impatiente du trop long hiver, faisant craquer les glaces, explose de toutes ses énergies comprimées. L’horizon s’élargit sans cesse, repoussant toujours plus loin les confins, au-delà du vol des oies sauvages, au-delà même des nuages, détendus, prometteurs…. » Ces nuages-là, je les ai retrouvés à Vattetot, et j’écris cette préconisation le jour de mon retour ! (septembre 2012). Que cette lecture vous donne l’énergie nécessaire pour affronter l’hiver ! 
                                                                      
Cette préconisation, l’étourdie que je suis ne l’a pas cherchée, croyant que je ne l’avais pas faite, et j’en ai écrit une autre ! Elle n’est pas aussi enthousiaste, et bien moins tournée, alors ça m’a amusée de garder la première que je ne peux corriger !

Je vous souhaite d’aborder ce livre de la façon qui a été le mienne l’année dernière.


mercredi 10 juillet 2013

AOUT - Livre préconisé par Olaf

Cité de la Poussière Rouge -  Qiu Xialong


Ne cherchez pas une histoire continue dans ce livre. La fin n’est pas plus intéressante que le début... C’est l’histoire du temps qui passe dans un ensemble de maisons traditionnelles à Shanghai. On parle entre voisins et l’on commente l’actualité...Sauf que cette actualité elle dure de 1949 pour aller jusqu’en 2005...et chaque année commence par le « bulletin d’information de la Poussière Rouge pour l’année.... »
Recommandé par un libraire rennais à qui je demandais conseil pour nos lectures, je me suis jeté sur la lecture de ce livre, sans doute avec l’idée qu’un récit va se développer, que les pages suivantes vont apporter du nouveau...Il m’a fallu changer de rythme (d’où mon conseil de ce début de préconisation). Prenez votre temps.
Vous ne regretterez pas de suivre les péripéties belles ou féroces de petites gens dans un pays que l’on découvre ainsi par la vie quotidienne du peuple.
Il y a des pensées jetées au fil des pages, des proverbes qu’il faut relire deux fois par peur de ne pas comprendre, il y a des histoires qu’on n’imaginerait pas dans notre civilisation, il y a enfin, la découverte d’un pays par le petit « bout de la lorgnette », mais qu’importe, regarder par le trou de la serrure rend le spectacle encore plus beau !

Bonne lecture

mercredi 29 mai 2013

JUIN - livre préconisé par Marie-Pierre


La rivière et son secret de Zhu XIAO-MEI

La Rivière et son secret

Zhu Xiao-mei est née en 1949. Douée très tôt pour la musique, elle va entrer au conservatoire. Elle ne pourra pas suivre ses études à cause de la révolution culturelle qui va faire du conservatoire un lieu sans musique, sans enseignement.

Les manipulations psychologiques, les lavages de cerveau, vont l’amener en camp de rééducation pendant cinq ans. Le parcours de cette femme m’a beaucoup touchée, elle m’a passionnée quand elle nous raconte ses leçons de piano avec ses maîtres chinois et occidentaux, les liens qu’elle tisse entre ces deux cultures et la manière dont elle s’en sert dans la pratique du piano. Enfin, comment elle va chercher dans le tao, à travers la méditation, sa place d’interprète.


Cette femme dont l’expression naturelle est la musique se révèle auteur d’un grand livre.

jeudi 9 mai 2013

JUILLET - Livre préconisé par Claire

 Le rêve du village des Ding    de   Lianke YAN – édité en 2005 traduit en français en 2007



Par miracle, dans ma bibliothèque préférée, un demi rayon de livres de Lianke YAN, écrivain chinois interdit dans son pays. Je viens de lire à Vattetot ( !) Le rêve du village des Ding. Voila un livre qui m’a littéralement habitée pendant ces quelques jours sous le pâle soleil de Normandie. D’une étrange manière, puisqu’il s’agit d’un village du Henan* décimé, ravagé, par la vente du sang. Ce livre est tout à la fois, révoltant, ahurissant, poétique, drôle, philosophique, métaphysique, coloré, dynamique, vivant, triste, poignant… je ne vous en dis pas plus … il m’a bouleversée. Je vous laisse le découvrir.


Je vous ai fait lire Mo Yan, prix nobel de littérature, écrivain autorisé en Chine. J'ai senti à vous lire, que j’avais été pour le choix de ce livre, comme dirait mon prof d’aquarelle « trop cérébrale ». Mais cette fois, avec Lianke Yan, non. 
Et j'écrirai comme vous des commentaires au fur et à mesure de vos réactions.

* Le Hénan est une province du nord-est de la Chine, traversée par le fleuve Jaune. Région très fertile, c'est un des berceaux de la civilisation chinoise. Dans les années 1990, le VIH a fait rage, éliminant jusqu'à 80% de la population.


samedi 13 avril 2013

MAI  - livre préconisé par Geneviève 



Certaines n’avaient jamais vu la mer  
Certaines n’avaient jamais vu la mer 
par Julie Otsuka


Très beau livre, qui aborde une réalité peu connue : le statut des femmes japonaises au début du XXème siècle, et la solution qui leur a été donnée comme avenir. Beaucoup d’entr’elles, ont été mariées par correspondance avec des Japonais émigrés aux USA.
Dans ce texte, il y a d’abord la part de rêve et de peur.
Puis la traversée en bateau.
Puis la découverte de la réalité : le nouveau mari, le travail, les conditions de vie, le place donnée à ces gens dans la société américaine.
C’est écrit avec une écriture haletante, forte, incantatoire, dit le quatrième de couverture. Un ami m’a dit qu’on pouvait qualifier ce livre de « roman/choral » !
Oui, toutes sortes de femmes nous sont présentées, et parlent. Et malgré leurs différences, cette écriture si particulière, fait en sorte de nous faire lire dans la foulée, la réaction de femmes qui ont échoué dans des milieux différents, mais comme si le narrateur pouvait être toujours le même. Elles parlent sans que l’auteur aille à la ligne, et ponctue. Car il y a partout la tromperie et le malheur.    Un livre qui touche, qui frappe, qu’on n’oublie pas. Il a eu un prix l’année dernière, mais je ne le savais pas, je l’ai pris à la bibliothèque, tout simplement. Il n’existe pas en poche pour le moment.
L’auteur n’est pas née en Asie, mais doit faire partie de la génération qui a suivi ; il faut bien une ou deux lignées pour pouvoir parler de cette histoire, et un chemin d’écriture pour y arriver.
Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’il y en a un second, qui parle en fait de la suite de ce qu’il se passe pour ces familles emmenées dans des trains de sinistre façon, .Ce livre s’appelle : « Quand l’empereur était un dieu ». Il a du avoir la fonction dont je fais l’hypothèse. Je vous en dirai plus après l’avoir lu et je glisserai ça quand il y aura la place pour en parler, parmi les commentaires.
Celui-ci est en poche, mais ne l’ayant pas lu encore, je préconise l’autre !
                                                  13/04/2013

lundi 25 mars 2013

AVRIL - livre préconisé par Catherine





















Je vous propose de découvrir l'auteure japonaise Aki SHIMAZAKI et  sa pentalogie (5 petits romans très courts) qui s'appelle "le poids des secrets", voici les 5 titres 

Tsubaki (1) – Babel 2005 - 115 pages
Hamaguri (2) – Babel 2007 – 112 pages
Tsubame (3) – Babel 2007 – 116 pages
Wasurenagusa (4) – Babel 2008 -123 pages
Hotaru (5) – Babel 2009 - 132 pages

La particularité de cette pentalogie est qu'on peut lire les volumes dans n'importe quel ordre (à mon avis car certain-e-s pensent le contraire).
Pour qu'on échange sur les mêmes contenus je vous propose de lire le premier et le deuxième tomes. Les liens existent entre tous sans pour autant qu'il y ait "d'obligation" à tout lire, c'est une construction intéressante.

L'auteure nous parle du Japon de 1900 à nos jours à travers les destins croisés de Yukio, Yukiko, Mariko, Kenji et Tsubaki. Chaque personnage, dans sa propre perspective nous livre la même histoire, à une époque différente. Chaque livre va reprendre des secrets de famille et au fil de la lecture des 5 ouvrages les éléments vont s’imbriquer comme les pièces d’un puzzle.
C'est à la fois sobre et pudique. J'ai aimé ces récits où se mêlent tragédie et lumière. Ces personnages nous permettent de  découvrir la vie des japonais et les événements de l'histoire de ce pays : guerre, tremblement de terre, invasion de la Corée,  bombes atomiques. L'auteure vit au Canada et écrit directement en français, je trouve sa plume sensible, légère et dépouillée. J'adore les titres japonais de ces 5 livres dont on découvre le sens (et la symbolique) dans le récit, c'est déjà une manière de voyager et de se laisser transporter. Les éditions Babel ont proposé pour chaque livre une couverture superbe, j'y suis très sensible.

J'ai lu cette pentalogie avec beaucoup de plaisir et d'émotions. Vous me direz si vous résistez à la tentation d'enchaîner la lecture des 5 récits.