mercredi 15 avril 2015

Mai 2015 - Livre proposé par Anny



IL PLEUT DES ÉTOILES DANS NOTRE LIT  - Cinq poètes du Grand Nord


Je vous ai proposé ce choix de poèmes qui sont à déguster
Autour d’un thé, d’un chocolat chaud ou d’un whisky
Ou d’une tisane. …

Saisir certaines pensées, images, rêves mis en rime
Se laisser aller en cette période de printemps
Où nous avons secoué la neige de nos manteaux 
Plongé dans l’eau glacée, encaissé le froid et la solitude avec les lectures précédentes …

Le premier livre de INGER CHRISTENSEN a été publié 17 ans après HIROSHIMA
C’est dire … «  Le corps de ses poèmes devient le corps de l’univers ».
« On peut dans le mot reconnaitre la lumière, acte incroyable de l’homme à la femme ( ?)
A vous de deviner plus c’est métaphorique mieux c’est, non ? 

Le second poème de PENTTI HOLAPPA a de la poésie « un besoin,
un pneu de voiture aussi et une centrale nucléaire abandonnée »
« La poésie donne des droits, on peut marcher, ramper et caquer, on peut voler.
L’amour est permis sous toutes ses formes» …

TOMAS TRANSTROMER  « opère une fusion entre la grande portée et l’exactitude sensorielle »
Et  « quelque chose voulait être dit, quelque chose qui ne peut être dit aphasie, il n’y a pas de mots mais peut être un style.

JEAN ERIK VOLD impulse une méditation active, lucide, sur un rythme syncopé, sans langueur .
«Qui est écrit dans la pierre
Tu le
Brûleras aussi .Et pour finir ce qui
N’est écrit »
C’est mon préféré c’est saccadé, tranchant, en morceaux des mots et des images.

SIGURDUR PALSSON «ses poèmes sont là pour exorciser le monde, pour le nier magiquement en usant d’armes immatérielles».
Et son  poème « le miracle infini cercle de l’horizon prend fin
Nous nous réveillons  en sursaut
De la transe maritime
Terre en vue ! »

Qui résume assez bien ce que j’ai vécu jusque là à travers ces livres et ce n’est pas fini !!
Vivement la terre ferme et arrêtons de tanguer !!! (Je charrie bien sûr)



jeudi 19 mars 2015

Avril 2015 - Livre proposé par Alberte-Marie


Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson  (Norvège)
Chez Folio, 304 pages


C’est un récit plein de sève. Il a l’acuité, la fraîcheur, l’alacrité de certains moments de jeunesse.
Il s’agit d’un homme à la retraite, qui s’installe dans un coin un peu retiré de la Norvège car il souhaite s’isoler. Mais ce nouveau lieu ressemble étrangement au chalet d’alpage où son père l’emmenait en vacances dans son adolescence.
Il revit en mémoire l’été 1948 qui fut si particulier. Et il nous le raconte. Mais en même temps on assiste à son installation dans sa nouvelle vie.

Récit simple, sans fioriture, allant à l’essentiel.
Juste des situations, des observations, des actions.
Et puis tous les non-dits, tous les mystères que l’on croise sur sa route quand on est tout jeune, dont certains trouveront une réponse, d’autres pas.
C’est par cette simplicité de ton que ce livre m’a touchée.
Le narrateur se souvient juste de l’été où pour lui tout bascula.

Mais j’aime aussi la netteté de son présent : le rapport qu’il entretient avec son chien par exemple.
Et puis le fait que ce récit touche à des questions essentielles, l’amitié, le lien entre parents et enfants, le rapport aux femmes, la vieillesse qui se pointe avec la retraite, et on comprend que, au fond, rien n’a été tout à fait résolu.

C’est étrange que ce livre, qui est par ailleurs truffé d’histoires plutôt tristes, dures, ce que j’en retiens c’est sa tonicité, sa chanson d’inoubliable jeunesse. Oui, c’est un livre qui compte beaucoup pour moi.
À vous de me dire.

mardi 24 février 2015

Mars 2015 - Livre proposé par Geneviève

LE GARÇON QUI VOULAIT DEVENIR UN ETRE HUMAIN par Jorn Riel


Voilà une livre qui m’a laissée ambivalente, car je ne savais pas si j’allais vous donner à lire quelque chose prévu pour « tout lecteur à partir de dix ans ». Mais finalement je me suis dit que, pourquoi pas, un coup de jeune ne nous ferait pas de mal, et puis les lectures que vous aviez concoctées seraient surement à même de nous faire travailler à un niveau tel, que permettre ce moment de repos serait peut-être bienvenu.
Et puis, quelles sont les caractéristiques des lectures pour enfants?
Voilà une question que l’on peut aborder, avec ce livre, qui, soit-dit en passant, n’est pas réservé aux enfants, mais peut être lu à partir de dix ans.
Enfin, cet auteur est parait-il un auteur incontournable pour qui s’intéresse à la littérature des pays de l’Europe du nord.
Bien sûr, j’aurais pu choisir un livre écrit par Jorn Riel, pour adultes. J’en avais pris deux. J’ai eu du mal avec cet humour qui est le sien, mais qui, parait-il est bien le reflet de l’humour dans ces régions-là. Si cela vous tente, vous avez donc la possibilité de le faire.
Ce livre m’a paru intéressant car il contient, dans un récit assez court, un tas de termes qui caractérisent les objets et autres éléments qui reviennent quotidiennement dans la vie des hommes habitant ces contrées au climat rude. De plus il nous donne une représentation de ce que peuvent penser des enfants nés là-bas, peut-être moins actuellement, car l’école et la télévision doivent être passées par là maintenant.
J’ai choisi le tome 1 car la suite m’a parue remplie d’idées moralisantes. Mais si vous voulez lire tous les tomes, ne vous gênez pas, cela fait un tout.

Vous l’aurez certainement compris, je n’ai pas eu le coup de foudre en me baladant dans cette littérature des pays d’Europe du nord, ou du moins, je n’ai pas trouvé la perle rare. Alors, j’attends les lectures que vous avez proposées, et vos commentaires de ce petit livre qui trouvera certainement du relief sous vos plumes !...

lundi 19 janvier 2015

Février 2015 - Livre proposé par Catherine


Entre ciel et terre  de Jón Kalman Stefánsson

Pour continuer ce début d’année à l’actualité et au temps glacials, je vous propose « Entre ciel et terre » de Jón Kalman Stefánsson.


Une histoire de pêcheurs à la morue, de marins perdus dans la rudesse des jours et des nuits. Bardur trop épris de poésie oublie sa vareuse (parce qu’il voulait absolument retenir quelques vers du Paradis perdu de Milton). En pleine mer d’Islande, par un matin glacial, cet oubli est fatal et Bardur meurt de froid Cette tragique disparition bouleverse l’ami indéfectible de Bardur, un jeune pêcheur de 20 ans. Il décide de rapporter le livre maudit à son propriétaire, un vieux capitaine aveugle.

Nous voilà plongés en Islande pays du froid. Entre ciel et terre il y a la mer mais ce roman est aussi fait de neige, de glace et de vent. Je me suis laissé emporter par cette histoire de gelures, de deuil et de solitude. On va cheminer avec ce gamin dans un récit initiatique qui parle d'amitié meurtrie, de souffrances et de croyances, de trahison et de rédemption.


Mon amie Agnès qui m’a conseillé ce roman l’année dernière a écrit ces mots si justes :

« On la sent, cette eau salée qui poisse les vareuses, on la voit cette mer qui nourrit les hommes autant qu'elle s'en nourrit, on l'entend ce silence peuplé, et c'est haletant qu'on le respire ce paysage sans verticales qu'est l'Islande, pays de lecteurs à qui il n'est nul besoin d'expliquer le mot poésie. La poésie tient lieu d'intrigue dans ce roman, et c'est un tour de force, il faut l'admettre ».


Ce roman fut pour moi une révélation… je suis heureuse de vous le proposer.

lundi 22 décembre 2014

Janvier 2015 - Livre proposé par Odile



Christine Lavransdatter, de Sigrid Undset

J’ai choisi ce roman écrit au début du XXème siècle et qui se déroule dans la Norvège du XIVème siècle parce qu’il me semble qu’il nous fait pénétrer dans un monde nordique un peu déroutant. On y trouve d’abord la peinture d’un destin de femme entière, combative et sensuelle, mais aussi un rapport à la nature et aux légendes que l’on rencontre chez d’autres écrivains nordiques.
Tout cela crée une sensation étrange et donne un sentiment d’inexorabilité. Le destin de Christine Lavransdatter semble marqué, dès son enfance, par des accidents, des obstacles, des difficultés et, parallèlement des moments de grâce, des révélations. On sent que rien ne lui sera donné, que rien ne se passera facilement.
Ce qui porte le livre, c’est l’énergie de cette femme, déterminée, ouverte, courageuse. Et ce qui est intéressant pour nous aujourd’hui, me semble-t-il, c’est de voir s’accomplir ce destin, où la femme n’est pas forcément sans pouvoir, mais où elle devra payer le prix fort pour son accomplissement.
Il y a trois tomes, qui balayent toute sa vie. Je ne vous ai proposé que de lire le premier (il ne faut pas exagérer), mais j’espère que ça vous donnera envie de lire les trois. Le premier porte sur sa jeunesse, le second sur sa maturité et le troisième sur la fin de sa vie.

lundi 25 août 2014

Septembre 2014 - Livre proposé par Catherine

Ilustrado Michel SYJUCO



C’est la présentation ci-dessous qui m’a donné envie de vous le proposer, je cherchais un auteur asiatique qui ne soit ni chinois, ni japonais et j’ai choisi Michel Syjuco pour découvrir avec vous un auteur Philippin, je n’ai pas été déçue, quel talent ! 
« Le cadavre du grand écrivain philippin Crispin Salvador est repêché dans l’Hudson, à New York, et le manuscrit du livre qu’il était en train d’écrire a disparu. Le narrateur d’Ilustrado, qui, comme son auteur, s’appelle Miguel Syjuco [voir le prologue], a été l’étudiant et l’ami de Salvador ; il retourne à Manille pour retrouver le manuscrit perdu et enquêter sur la vie et la mort de Salvador, à qui il veut consacrer une biographie. Crispin Salvador n’a jamais existé, ce qui n’empêche pas Miguel Syjuco, dans son premier roman, de brosser un portrait dense et émouvant de cet écrivain imaginaire, portrait auquel se mêlent l’histoire et l’actualité des Philippines, des fragments de la vie de l’écrivain lui-même, des extraits de sa biographie en cours, des extraits des livres de Salvador... ». (Site du magazine littéraire, 29/06/2011)
Je ne suis pas entrée si facilement dans ce roman (je m’y suis reprise à deux fois) tant il a une forme originale et tortueuse. S’y mêlent, servis par de nombreux personnages, fiction, politique, réflexion sur la création, sur la transmission, sur les secrets de famille, sur l’enfance, sur l’amour, etc. Il ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà lu. Ce texte polyphonique et exubérant m’a évoqué un jeu de l’oie. Comme on sauterait de case en case un peu au hasard on passe d’un récit à un autre, d’extraits d’œuvres de Crispin Salvador (avec les références complètes : éditeur, année, etc.) à des interviews de lui, de son enfance à celle de Miguel le narrateur, du récit des rêves du narrateur au récit de ce qu’il vit aux Philippines, de la transcription de mails à des extraits de la biographie de Crespin Salvador que Miguel est en train de rédiger, de New York à Manille, du présent au passé. On avance de case en case pour tenter d’arriver à celle de la vérité. Romans dans le roman qui forment un patchwork très coloré où se retrouvent pêle-mêle corruption, drogue, sexe. L’auteur nous propose une construction complexe et brillante avec aussi une bonne dose d’humour. Erning Isip, personnage comique philippin, est le héros de blagues qui ponctuent le roman.


Jeu de l’oie, kaléidoscope, puzzle ou patchwork (je ne sais quel mot choisir et chaque mot convient) qui m’ont semblé faire écho aux plus de 7000 îles qui constituent la république des Philippines et à une histoire mouvementée : période espagnole, période américaine, occupation japonaise, dictature et corruption jusqu’en 1986, sans parler des typhons et des tempêtes tropicales qui y sévissent. C’est si foisonnant qu’il est préférable de le lire à un bon rythme sans l’abandonner trop longtemps au risque de se perdre dans les personnages et dans la dissémination des différents morceaux qui composent ce roman. Une fois qu’on a dépassé le côté déroutant et qu’on a intégré la construction baroque de ce livre audacieux et inventif on se délecte, on a des surprises jusqu’au bout et on s’attache à cet écrivain imaginaire qu’est Crispin Salvador (ainsi qu’à l’auteur/narrateur).